Chère lectrice, cher lecteur,
Hier, je vous proposais de sortir ce bijou que vous gardez pour une occasion qui n’arrive jamais. Aujourd’hui, changeons légèrement de côté : parlons de celui que l’on choisit pour quelqu’un d’autre.
Offrir un bijou est une jolie idée. C’est aussi le moment où nos propres goûts essaient discrètement de prendre le pouvoir.
On entre avec cette intention irréprochable : « Je vais trouver quelque chose qui lui ressemble. » Et quelques minutes plus tard, on admire une paire de boucles d’oreilles que l’on porterait volontiers soi-même. Le cadeau avance. Mais pas forcément dans la bonne direction.
Il n’y a rien de grave à cela. Seulement un petit pas de côté à faire.
Avant de choisir, je crois qu’il vaut mieux regarder que deviner. Cette personne porte-t-elle toujours le même collier ? Préfère-t-elle des bijoux discrets, presque oubliés sur la peau, ou des pièces qui prennent leur place ? Ses oreilles sont-elles percées ? Ce dernier détail paraît évident, jusqu’au jour où l’enthousiasme l’emporte sur l’observation.
On peut aussi écouter ce qu’elle remarque chez les autres. Un « c’est joli » lancé en passant en dit parfois davantage qu’une longue conversation sur ses goûts. À condition, bien sûr, de ne pas transformer chaque promenade en enquête.
Et puis il y a ce que l’on aimerait transmettre.
Un souvenir commun. Un lien avec le fenua. Une couleur qui lui plaît. Une attention pour une date importante, ou pour aucune date du tout. Ce petit « j’ai pensé à toi » qui n’a pas besoin de beaucoup de mots pour être compris.
Mais le sens que nous donnons à un cadeau ne devrait pas faire oublier la personne qui le recevra. Un bijou peut raconter une belle histoire et ne pas correspondre à sa façon de s’habiller. Les deux peuvent être vrais en même temps.
Je trouve même assez tendre de choisir une pièce que l’on ne porterait pas soi-même, simplement parce qu’on sait qu’elle plaira à l’autre. C’est une manière de lui laisser toute sa place. De dire : je te vois, sans ajouter aussitôt : et j’aimerais que tu me ressembles un peu.
Si le doute reste entier, demander n’enlève pas toute la magie. On peut garder la surprise du moment, du petit mot, de la façon d’offrir. La surprise n’est pas obligée de porter, à elle seule, tout le poids du cadeau.
Au septième jour d’Akavai Boutique, cette idée me plaît : un bijou offert n’a pas à prouver que nous connaissons quelqu’un parfaitement. Il peut simplement montrer que nous avons pris le temps de lui prêter attention.
Et parfois, ce temps-là est déjà une grande part du présent.
Alors, si vous cherchez un bijou pour quelqu’un, commencez peut-être par oublier un instant votre propre boîte à bijoux. Pensez à la sienne. À ce qu’elle porte vraiment, à ce qu’elle aime, à ce qu’elle ne choisit jamais.
Le plus beau cadeau n’est pas forcément celui qui vous fait dire « je l’adore ».
C’est celui devant lequel vous pensez : « Ça, c’est tout à fait elle. » Ou lui.
Et vous, préférez-vous garder la surprise jusqu’au bout, ou demander un petit indice ?
L'article d'hier est ici : Le beau n’a pas besoin d’attendre dimanche. Pour trouver l'idée juste, nos coups de cœur sont un bon début, et si vous hésitez encore, il existe aussi la carte cadeau.
Bien à vous,
La fondatrice d’Akavai Boutique
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