Chère lectrice, cher lecteur,
Hier, nous parlions du rituel du soir, de ces bijoux qu’on range avec soin. Aujourd’hui, j’ai envie de suivre l’un d’eux un peu plus loin : jusque dans une valise.
Car beaucoup d’entre vous le savent mieux que moi : quand on vit loin du fenua, la valise est un exercice de diplomatie. Elle doit contenir ce qui est utile, ce qui est raisonnable, et, discrètement, ce qui rassure. Le monoï, bien sûr, qu’on emporte en espérant que le flacon survive au voyage. Une photo, un paréo, un petit mot glissé entre deux vêtements. Et presque toujours, quelque chose qui se porte.
Je trouve cela assez fascinant. Un bijou ne prend presque aucune place, et pourtant il fait un travail considérable. Il n’a besoin ni de prise électrique, ni de mode d’emploi, ni d’explication. On le met le matin, et quelque chose de chez soi nous accompagne dans le métro, au bureau, dans une ville qui ne sent pas la tiare.
C’est peut-être pour cela que les pièces qui parlent du fenua ne se choisissent pas comme les autres. On ne cherche pas seulement ce qui nous va. On cherche ce qui nous ressemble quand on est loin, et ce qui peut, un jour de grisaille, nous rappeler d’où l’on vient sans qu’il soit nécessaire de le dire à voix haute.
Il y a aussi ceux qui n’emportent rien, et qui offrent. À la cousine qui part, à l’amie qui s’installe, à la grand-mère qui, elle, reste. Dans les deux sens, le geste est le même : faire voyager un souvenir sans qu’il pèse plus lourd que la poche d’un manteau.
C’est cette image que je garde : une petite chose dorée, une grande distance, et le sentiment, très simple, qu’on n’est pas tout à fait parti.
Si vous avez manqué le rituel d’hier, il est resté ici : Le soir, quand on retire ses bijoux. Et pour retrouver la fleur qui parle sans rien dire, c’est ici : Derrière l’oreille, une fleur qui parle sans rien dire. Pour choisir ce qui voyagera avec vous (ou avec quelqu’un), nos coups de cœur sont un bon début.
Et vous, quel est l’objet qui ne manque jamais dans votre valise ? Racontez-moi.
Bien à vous,
La fondatrice d’Akavai Boutique
0 commentaire